Event Review | Le Douala Hip Hop Festival 2015, nouveau carrefour de la culture Kmer?

Event Review | Le Douala Hip Hop Festival 2015, nouveau carrefour de la culture Kmer?

Les 26, 27 et 28 décembre 2015 se déroulait la 5ème édition du Douala Hip Hop Festival devenu en 5 ans, le rendez-vous incontournable de tous les loveurs de la culture urbaine 100% Made in Mboa.

Contrairement à la croyance populaire qui limite le Hip Hop à un style musical, ce festival vient rappeler chaque année qu’il s’agit d’un véritable mouvement qui rassemble Zik urbaine, StreetWear, Streetdance, Streettag, Facepainting, etc.

Le programme et les activités du Douala Hip Hop festival 2015 (#DHF2015) dévoilé au courant du mois de décembre, annonçait d’ores et déjà 3 jours de pur Njòka à la manière Ndoléaise. Initialement prévu entre 14 et 22 heures, les hostilités commençaient effectivement vers 16 heures et le Stade Soppo Priso, lieu de l’évènement, prenait réellement feu autour de 19 heures.

Bien qu’ayant débuté le 26 décembre de manière très timide avec la participation d’artistes relativement « No name », d’un public plus fidèle aux anciennes éditions qu’attiré par la campagne de communication mené par la team #dhf2015, les vraies choses ont begin le 27 décembre avec des artistes déchaînés, un public très réceptif et une ambiance njòkatique de feu!  Il ne fait aucun doute que le relais sur les réseaux sociaux et le bouche à oreille des personnes et des médias présents la veille ont eu bon écho aux oreilles des plus sceptiques.

De plus, le début des ateliers de formation tels que celui du Mao/BeatMaking et celui du Lilimba (apprendre à faire de beaux objets à partir d’ordures) et la programmation des artistes actuellement plébiscités tels que Loic Nkono, Dareal, Teddy Doherty, Inna Money, Killa Mel , Maxtor n’est pas étranger à l’embrasement du Stade Soppo Priso ce 2ème jour du festival. Ces artistes, en plus d’être des vitrines pour les artistes programmés ce jour et dont le talent reste encore méconnu du grand public (Eva Hakapoka, Marsi, Nina Moukoko) ont montré au public comment on fait du show. Entre Dareal qui s’en prend implicitement à son ancien partenaire Frenchkind en lançant un croissant (symbole de la marque) dans la foule à son arrivée sur scène, l’improvisation de Teddy Doherty, Inna Money et Killa Mel sur « Déranger Remix » ou encore le show indescriptible mais uniquement à vivre de Maxtor, on a seulement commencé à ya les gens prendre leurs phones pour dire à leurs potes de tout lep tomber parce que les vraies choses se passaient au #DHF2015.

Ceux qui sont came en plein milieu du match n’ont pas eu le temps de digérer leurs macabos qu’ils se laissaient déjà emporter par l’ambiance locale, montée d’un cran avec l’arrivée des éléments du BIR sur scène qui ont lep les armes au sol pour essayer d’exterminer Boko Haram avec des punchlines. C’était juste du venez voir et allez raconter! Ces derniers ont laissé la place à des crews de Streetdance, qui avec des chorégraphies wandayantes quoique pas toujours rhythmiques n’ont pas donné d’autres choix  au jury que de laisser le public les départager.

En effet, le public époustouflé par la prestation des crews, a remis la légitimité du jury en cause, en leur askant hoha de venir montrer s’ils pouvaient vraiment défier les équipes en compétition. Aussitôt demandé, aussitôt exécuté. Ces derniers ont fermé en moins de 30 secondes sur scène la bouche des récalcitrants.

C’est dans cette ambiance surchauffée que les présentateurs de l’évènement notamment Bonas Fotio (Le métro du soir), Brice Albin (Génération 2.0), Fidjil (Urbaniz) n’ont pas voulu laisser passer l’occasion de se transformer en rappeurs d’occasion avec plus ou moins de brio.

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Credit Photo: Fidjil

Ceux qui n’étaient pas intéressés par ce qui se passait sur scène avaient également l’opportunité de faire le tour des stands de streetwear (Le Wadjo, Tu dors ta vie Dort), de se faire peindre le visage ou encore de découvrir les œuvres de talentueux artistes comme Grace Dorothée a.k.a Picasso.

Le public déjà conquis par le programme des 2 premiers jours du festival, le #DHF2015 a atteint le paroxysme de l’enjoyement le dernier jour, annoncé depuis le début comme le day à ne pas manquer. En effet, l’équipe organisatrice a fait revivre, l’espace de quelques minutes, l’emblématique groupe « Les têtes brûlées« . L’arrivée du groupe sur la scène du #DHF2015 aux environs de 22 heures a plongé la foule dans un état second. Les patriarches ont montré aux jeunes talents de la zik que, n’acquiert pas l’expérience qui veut mais uniquement qui peut.

La foule était en symbiose avec le groupe. Et même les personnes qui askaient pourquoi on a invité un groupe de Bikutsi à un festival de Hip Hop, se sont faits tout petits, tant à cet instant ce n’était plus une histoire de Hip Hop, Makossa ou Bikutsi, mais seulement de bonne zik made in Ndolèland. Après leur passage, il était difficile d’imaginer la foule encore réceptive aux artistes suivants. Mais Magasco, Adango Salicia, Daphne ou encore le groupe Kalbass sont venus nous chou le contraire. Franko et Maahlox , venus clôturer la soirée en beauté étaient juste les arachides sur le tapioca, c’est-à-dire pas absolument indispensables mais néanmoins nécessaires pour un level maximal d’ambiance.

La présence annoncée des « Nanga Boko » aux heures tardives n’a pas empêché les spectateurs de stay le last day jusqu’aux environs de 1:30 du matin . Il faut reconnaître que, la présence certes minime de quelques mbérés, avait de quoi décourager les ambitions des awasheurs les plus téméraires.

La collaboration franche et surtout bon enfant entre les artistes, les médias et autres acteurs du milieu culturel urbain pour la réussite de cette édition reste sans aucun doute le symbole le plus fort du Douala Hip Hop Festival 2015 . Le temps de 3 journées, chacun a mis de côté ses intérêts personnels pour laisser l’amour pour la culture du Mboa prendre le dessus. Le #DHF2015 est une preuve qu’on n’a pas forcément besoin de sponsors ou de subventions pour promouvoir notre culture. Evènement non sponsorisé depuis ses débuts, la perpétuelle amélioration qualitative de ce festival est une preuve concrète que seule la volonté, le travail acharné et collectif de tous les acteurs de la culture peuvent bring ce secteur à son sommet.

Avec le succès retentissant de cet évènement qui célébrait uniquement la zik et la culture urbaine Kmer, il ne fait aucun doute que dans quelques années, le Ndolèland va reprendre son trône de Lion dans le domaine musical, trône que les Ivoiriens, les Naijas nous ont arraché sans respect.

Lancé en 2010 sous l’impulsion de Didier Toko et quelques amis, ce festival au Ndolèland s’est servi des petits couacs observés lors des éditions précédentes pour offrir cette année un spectacle de qualité aux amateurs de la culture urbaine camerounaise. La barre a été placée si haute qu’on se ask comment les organisateurs vont do pour se surpasser en 2016. Just wait and see!

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