Confessions de Pius N’Diefi: Son amitié avec SEF et son clash avec Booba

Il avait été surnommé « La Tortue » par certain à cause de son physique particulier mais aussi Mbip mbip à cause de sa combativité, sa résistance et sa vitesse sur les terrains de foot, le tonton Pius N’Defi a fait à son époque les beaux jours du ndamba Vert Rouge Jaune et a contribué à son rayonnement sur la scène africaine et mondiale. Âgé aujourd’hui de 43 ans, N’Diefi n’a pas encore déposé les godasses et évolue actuellement en régionale 3 dans le club Harly-Quentin.

Totalement absent de la scène publique, on se demandait bien ce qu’il est devenu, voilà que le tonton Pius rencontré par le média sport So Foot nous speak presque à cœur ouvert de sa vie avec les Lions Indomptables et bien d’autres.

À 42 ans, vous cumulez aujourd’hui les fonctions de directeur sportif, attaquant et entraîneur des équipes de jeunes du club d’Harly-Quentin, dans l’Aisne, qui évolue en Régional 3. Vous n’avez pas envie de vous reposer ?
Je suis en bonne santé, et… Oh, je suis au téléphone ! Excusez-moi, ce sont mes enfants qui chahutent. Si je sentais que, physiquement, je n’étais pas au top, je m’arrêterais.

Credit: Getty Images

Mais pour l’instant, ça va, je peux jouer 90 minutes sans soucis. Et puis mon expérience me sert beaucoup.

Il arrive que vous soyez remplaçant ?
Non, jamais. Mais si cela doit arriver, ce n’est pas grave, ma carrière est derrière moi. Durant toute ma carrière, je n’ai jamais créé de problèmes, ce n’est pas maintenant que je vais commencer. Mais étant donné mon vécu et mon palmarès, je ne peux pas être remplaçant. Après, si cela arrive, il n’y aura pas de soucis. Si un jeune a besoin de jouer pour progresser, j’irai sur le banc.

Vos coéquipiers, tous amateurs, sont fiers de jouer aux côtés d’une star du football ?
Ils sont surpris que Pius N’Diefi soit parmi eux, c’est sûr. Surtout depuis qu’ils se sont renseignés. Certains viennent me voir pour me dire : « Ah, je ne savais pas que vous aviez gagné deux Coupes d’Afrique des Nations ! Je ne savais pas que vous aviez disputé une finale de Coupe des Confédérations ! »

Comment occupez-vous le peu de temps libre que vous laisse le football ?
Je suis agent de joueurs. Pour l’instant, je ne travaille qu’avec des jeunes. Et je m’occupe de mes affaires, j’ai investi dans l’immobilier. Et pas seulement à Saint-Quentin !

À Sedan, Smart, qui était le sponsor du club, vous obligeait à rouler dans une de ses voitures, siglée aux couleurs du club et portant votre numéro sur la portière. Vous avez fait quoi de la vôtre ?
Le président Urano l’a récupérée, et l’a vendue à un supporter.

Lors de la première CAN que vous remportez, en 2000, vous jouez peu car le titulaire est Samuel Eto’o. Qu’est-ce qu’il avait de plus que vous ?
Il était plus efficace devant le but. Il n’avait besoin que d’une occasion pour marquer. C’était un finisseur, tandis que moi, j’étais un travailleur.

Il était facile à vivre ?
Oui, c’était mon ami, même si nous étions en concurrence. Il n’y avait aucun problème entre nous, comme avec Patrick Mboma ou Joseph-Désiré Job. Nous savions que celui qui était titulaire le méritait. Samuel m’invitait souvent à Barcelone, pour que je le voie jouer. Là-bas, c’était le roi. Avec Ludovic Giuly et Lilian Thuram, nous étions toujours ensemble. Il était également ami avec Messi, même si, là aussi, ils étaient en concurrence.

Donc vous avez eu la chance de passer un peu de temps avec Lionel Messi, à Barcelone ?
Oui. Je prenais la collation avec toute l’équipe, et ensuite nous prenions le bus pour aller au match. Et après, on se retrouvait tous pour dîner. J’allais même dans le vestiaire du Barça après le match, et au décrassage le lendemain.

Comment cela se passe dans un vestiaire avec autant de stars ?
Comme partout ailleurs. Tout le monde est concentré, comme à Sedan.

Mais personne ne se demandait qui vous étiez, lorsque vous traîniez dans le vestiaire du Barça ?
Non, parce que Samuel m’avait présenté. Du coup, les autres me demandaient comment cela se passait pour moi à Sedan, ou avec l’équipe du Cameroun.

Lionel Messi était impressionné d’avoir face à lui un double vainqueur de la CAN ?
Oui, il m’a félicité.

Après votre aventure sedanaise, vous décidez d’aller jouer pour Al-Gharafa, au Qatar, en 2003. Que retenez-vous de cette expérience ?
Il y avait de grands joueurs, comme Christophe Dugarry ou Sonny Anderson, donc le niveau était bon. Mais la vie là-bas n’est pas évidente. Parfois, il fait 45 degrés, donc on se réfugie dans les voitures ou les magasins pour avoir la clim. Ce qui fait qu’en dehors du foot, il n’y a pas grand-chose à faire.

Selon les sources, votre taille varie d’1,63m à 1,74m. Dites-nous la vérité.
1,63m, ça voudrait dire que je suis une fille ! Non, je mesure 1,73m. D’ailleurs, j’ai beaucoup marqué de la tête.

Credit: PureBreak

Pius, il est temps de passer aux choses qui fâchent. Dans le dernier numéro de So Foot, Booba, qui a créé une agence de management de sportifs, nous a déclaré : « Il n’y a pas que des Cristiano Ronaldo, il y a aussi des Pius N’Diefi. On fait quoi avec les Pius, on ne les signe pas ? On crée la fondation Pius, pour les moches sans charisme ? » Qu’avez-vous à lui répondre ?

Je ne rentre pas dans ce genre de polémique. Je suis quelqu’un de gentil. Si je ne te connais pas, je ne vais pas t’insulter. Si tu m’insultes pour rien, je ne vais pas te faire le plaisir de répondre. Il y a quelques années, il avait déjà chanté : « Au mic tu fais flipper, t’es vilain comme N’Diefi » . Si cela lui fait plaisir de parler de moi, cela veut dire que je suis important. En fait, je suis content qu’un grand rappeur comme Booba parle de moi. Je le prends comme un compliment.

C’est un artiste que vous écoutez ?
Non, sauf s’il passe à la radio. Moi, j’écoute du R’n’B. R. Kelly, Rihanna… Et de la musique camerounaise, comme Petit Pays ou Longuè Longuè.

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