Focus | « Je Parle le Bassa 2.0 »: Une façon émergente de bush la langue Bassa!

Focus | « Je Parle le Bassa 2.0 »: Une façon émergente de bush la langue Bassa!

Contrairement aux parents et grand-parents, nombreux sont les Ndoléais de la nouvelle génération à n’avoir pas eu l’occasion d’apprendre à la piol, à parler leur langue maternelle. N’étant pas un véritable problème dans l’enfance ou à l’adolescence, beaucoup arrivés à l’âge adulte, ressentent un besoin viscéral d’avoir un lien profond avec leurs origines, un lien qui de façon primaire se matérialise par le parler de la langue maternelle.

Stephie-Rose Nyot fait partie de ces jeunes gens, qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à speak leur patois à la piol et qui malgré tout, ont décidé de profiter de toutes les ressources disponibles de nos jours pour réparer cette erreur. Passionnée et déterminée, la jeune Ndoléaise a voulu partager ses découvertes avec le plus grand nombre afin de les inciter à renouer avec leurs origines.

Stephie

Stephie-Rose Nyot

Lwn Mag: Me yéga Stephie-Rose, i nke laa? Beaucoup de nos lecteurs ne comprendrons sûrement pas ce que nous venons de vous poser comme question. Pourriez-vous traduire pour nous, et vous présenter par la suite ? 
Stephie-Rose:
  Me yéga ôô, I nke longè, yag we? Djôl  djem lè Stéphie-Rose Nyot, me yé ngond bassa, me yé ngond ndôgsul, papa yem a nlôl  Libélingoï.

Bonjour, comment ça va ? Mon nom est Stephie-Rose Nyot, Je suis bassa, mon père est de Libélingoï.

Lwn Mag: Vous êtes porteuse du projet « Je parle le Bassa 2.0 ». De quoi s’agit-il et qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans cette initiative ?
Stephie-Rose:  Le projet JPLB 2.0 part d’une initiative personnelle: mon envie criante d’apprendre à parler la langue de mes parents et de mes ancêtres était devenue importante. J’ai donc effectué un certain nombre de recherches à ce sujet, mais n’étant pas satisfaite des ressources disponibles, j’ai décidé d’allier réseaux sociaux et langues ancestrales afin de créer un  projet participatif en l’occurrence un forum de partage.

Lwn Mag: « Je parle le Bassa 2.0 », est-ce un travail d’équipe ou travaillez-vous toute seule?
Stephie-Rose:  Je travaille avec mes parents et les abonnés! Mes parents sont ma première source d’apprentissage, ils parlent et écrivent correctement le Bassa. Je m’occupe de tout ce qui est technique et formule pédagogique, en effet ayant acquis une formation pédagogique, digitale et de communication, la structure est ma passion. Les abonnés ont également un grand rôle dans ce projet, ils alimentent les débats, posent des questions et apportent leur savoir, nous formons ainsi une très grande classe. Nous sommes tous ensemble les ambassadeurs de la langue bassa.

Lwn Mag: Le 2.0 porte à croire que tout se passe sur internet. Comment se déroule l’apprentissage ?Stephie-Rose:  Oui, tout se déroule actuellement sur Internet permettant ainsi une accessibilité dans la mesure du possible ‘’pour tous’’.

Lwn Mag: Quelle est la première étape de l’apprentissage ?
Stephie-Rose:  Il faut dans un premier temps, maîtriser un langage simple de base à savoir les pronoms tels que je/tu etc. Cependant, nous préférons favoriser un apprentissage par phrases plutôt que par mots. En effet, il est plus simple de rendre ce vocabulaire usuel démontrant ainsi que le Bassa est une langue vivante.

JPLB2.0

Lwn Mag: Combien d’étapes faut-il traverser pour être sûr de parler couramment Bassa?
Stephie-Rose:  Le Bassa est une langue variée en écriture, comme en expression, nous privilégions la phonétique dans l’écriture tout en respectant les particularités de son alphabet afin de rendre accessible la lecture à tous. Nous utilisons aussi les audio et les images sur chaque sujet, ce qui permet d’allier le visuel à l’écoute ; enfin, sachant que tout le monde n’a pas le même niveau, nous nous conformons à la demande de chaque catégorie des abonnés et leur adressons très souvent des tests afin de jauger la compréhension de chacun. (Il faut noter que le concept participatif apporte aussi beaucoup à une sorte d’émulation).

Lwn Mag: Le Bassa est-il une langue structurée? Existe-t-il un alphabet bien défini ?
Stephie-Rose:  Le Bassa, comme toute langue est structurée si on y prête attention : L’alphabet existe, les accents et les expressions nous rappellent sa vivacité dans sa variété sociale et géographique.

Lwn Mag: Les cours sont plus axés sur le parler, l’écrit ou les deux formes?
Stephie-Rose:  Les cours sont davantage focalisés sur le parler dans la mesure où l’utilité de l’écrit bassa arrive en dernier point. À moins qu’un abonné souhaite expressément rédiger un livre ou une œuvre en langue bassa! (rires)

JPLB4Lwn Mag: Comment les apprenants peuvent-ils faire pour tester leurs niveaux lorsqu’ils suivent vos cours ?
Stephie-Rose:  Actuellement, ils peuvent tester leurs niveaux de manière individuelle, se faire des notes, tenir un carnet personnel afin de suivre leur avancée. Ici, il y a un véritable besoin, c’est pourquoi en tant que suite logique du projet nous allons très prochainement lancer une campagne de financement participatif qui nous permettra d’ajouter de nouvelles fonctionnalités allant dans ce sens.

Lwn Mag: Que comptez-vous faire pour impliquer les personnes intéressées par ces cours mais n’ayant pas l’accès facile ou régulier à internet ?
Stephie-Rose:  Il est assez handicapant de nos jours d’être éloigné des technologies de communication ; cela dit, à long terme nous envisageons de regrouper les leçons dans des fascicules que nous pourrons envoyer à ceux qui le souhaiteront. Mais il faut avouer que la faisabilité et la logistique ne sont pas encore à l’ordre de jour ; peut-être qu’une station radio pourrait nous intégrer dans ses programmes ?

Lwn Mag: Avez-vous pensé ces cours exclusivement pour les personnes d’origine Bassa ?
Stephie-Rose:  Aucunement, dans un premier temps ce projet concerne les personnes d’origine bassa ou ayant un lien avec le bassa et souhaitant l’apprendre et le perfectionner. Cependant il faut voir JPLB 2.0 comme un concept holistique, un concept linguistique des langues minorées ouvert à tous.

JPLB5Lwn Mag: Comptez-vous étendre vos services à d’autres langues ?
Stephie-Rose:  Notre mission va au-delà de la langue bassa.

Lwn Mag: A quel niveau êtes-vous actuellement avec ce projet et quels sont vos objectifs à long terme ?
Stephie-Rose:  Nous avons une bonne portée et une bonne visibilité au niveau du digital. Mais il en faut plus. Sur du long terme nous souhaitons être la référence de l’apprentissage des langues minorées sur le web.

Lwn Mag: Comment rentrer en contact avec vous ?
Stephie-Rose:  À travers la page Facebook et notre site web.

Lwn Mag: Si on vous disait « une langue commune à tous les camerounais » : laquelle ? Et pourquoi ?
Stephie-Rose:  Le Cameroun est un pays multiculturel, il existe plus de 200 langues au sein du pays ; il n’est pas envisageable de privilégier une langue ; n’est-il pas sympathique que chaque camerounais puisse en parler plusieurs en plus du français et de l’anglais ?

Lwn Mag: Un mot de fin à nos lecteurs ?
Stephie-Rose:  JPLB2.0 i ngi ngii !-  JPLB2.0 toujours plus haut !-

Lwn Mag: « Les Ways Ndolè » en Bassa ?
Stephie-Rose: Dépendamment du contexte, je dirais…Banga Mam! Mam ma maliga !

Stephie-Rose, merci pour votre disponibilité et le temps pris pour nous répondre. Bonne continuation et beaucoup de succès dans ce projet que nous saluons vivement !

Toutes les infos sur JPLB2.0 via:

  • Site internet: www.jeparlelebassa2point0.com
  • Page Facebook:
  • Compte Twitter:
JPLB3

JPLB2.0 est également disponible sur Youtube!

 

Une interview réalisée par Yanick Modjo, assisté de Brenda Nono

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